Le 26 au matin, la maison est encore un peu en désordre. Le sapin tient, mais ses aiguilles tombent. Des chocolats traînent dans une coupelle. Un journal de la veille est plié sur le fauteuil. On ne sait pas quel jour on est. Le calendrier, qui avait pris trop d'importance jusqu'au 25, n'en a plus du tout.
Les jours entre Noël et le nouvel an sont une parenthèse qui n'appartient à aucune des deux années. On y vit avec une indolence rare. Les magasins essentiels sont ouverts, les autres fermés. Les rues, en ville, sont à demi vides. On rend visite à quelqu'un sans s'annoncer. On lit des livres qu'on n'aurait pas le temps de lire autrement.
Il y a, à cette période, une qualité de lumière particulière. Le jour est court ; il fait nuit à cinq heures. À l'intérieur, les guirlandes restent allumées en permanence. On dîne tôt parce qu'on n'a pas vraiment déjeuné, on dort tard parce qu'on n'a rien à faire le matin. Les heures se redistribuent.
Le 31 viendra. On rangera le sapin, on jettera les chocolats, on retrouvera un usage à son agenda. Cette semaine flottante, on ne s'en souviendra plus en détail ; elle aura été, à elle seule, un fragment de vacances comme aucun autre n'en sait offrir.