Colonne
CLXII.

Les fenêtres devant lesquelles on s'arrête

Mai 2030

Celle du palier, qui donne sur les toits. On y pose, en passant, la main sur l'appui : la pierre est fraîche, même en plein été. On regarde une minute, sans plus, l'ardoise du voisin d'en face, la cheminée qui ne fume plus depuis dix ans, la pie qui se tient parfois sur le faîtage.


Il y a, dans chaque maison, deux ou trois fenêtres comme celle-là. Pas les plus belles. Pas les mieux placées. Celles que les pas, sans qu'on les ait éduqués, finissent par ralentir. On ne sait pas pourquoi on s'y arrête. La main, sur l'appui de pierre fraîche, le sait peut-être ; pas nous.